Diabète : faisons le point sur les idées reçues

Dans le monde, 252 millions de personnes vivent avec un diabète sans le savoir. Fréquente et souvent silencieuse, la maladie reste entourée d’idées reçues, sur le sucre, les fruits ou encore le poids. Décryptage pour distinguer le vrai du faux et mieux comprendre les risques.

 

Une maladie fréquente… et souvent silencieuse

Le diabète se caractérise par un excès durable de sucre (glucose) dans le sang, appelé hyperglycémie. En cause : un défaut de production ou d’action de l’insuline, l’hormone fabriquée par le pancréas, qui permet au glucose d’entrer dans les cellules.

Il en existe plusieurs formes. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque progressivement les cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Il est le plus souvent diagnostiqué pendant l’enfance, l’adolescence ou au début de l’âge adulte, mais il peut se déclarer à tout âge. Le diabète de type 2, de loin le plus fréquent (plus de 90 % des cas), apparaît surtout après 45 ans : l’organisme produit toujours de l’insuline, mais celle-ci agit moins efficacement pour réguler la glycémie (le taux de sucre dans le sang). Enfin, le diabète gestationnel survient pendant la grossesse et augmente, pour la mère, le risque de diabète de type 2 par la suite.

Idée reçue n° 1 : « Trop de sucre donne le diabète »

Pas directement. Le diabète de type 1 n’a aucun lien avec l’alimentation : il résulte d’une réaction auto-immune, sur un terrain génétique. Pour le type 2, ce n’est pas le sucre en lui-même qui déclenche la maladie, mais un ensemble de facteurs : l’âge, l’hérédité, le surpoids et la sédentarité, détaille l’Assurance maladie. Une alimentation trop sucrée peut toutefois favoriser la prise de poids, et donc augmenter indirectement le risque. C’est pourquoi l’OMS recommande de limiter les sucres pour prévenir le diabète de type 2.

Idée reçue n° 2 : « Il faut supprimer tous les glucides »

Faux. Les glucides (pain, féculents, fruits…) restent indispensables, y compris en cas de diabète : ils « doivent apporter environ la moitié des besoins énergétiques de la journée », indique l’Assurance maladie. L’enjeu n’est pas de les supprimer mais de les répartir au fil des repas, en privilégiant les féculents et en limitant les produits sucrés. Un médecin ou un diététicien peut aider à adapter les quantités.

Idée reçue n° 3 : « Les fruits sont interdits »

Faux. Les fruits font partie d’une alimentation équilibrée, avec ou sans diabète. Ils contiennent du sucre, mais aussi des fibres, des vitamines et des minéraux. L’Assurance maladie recommande une alimentation « variée, sans aliment interdit ». Il s’agit surtout de surveiller les portions : une pomme, une orange ou deux kiwis apportent environ 15 g de glucides.

Idée reçue n° 4 : « Tant qu’on ne ressent rien, ce n’est pas grave »

Faux. Même sans symptômes, un excès de sucre dans le sang abîme peu à peu les vaisseaux et les nerfs. À long terme, le diabète peut toucher le cœur et les artères (infarctus, AVC), les yeux (rétinopathie), les reins (jusqu’à l’insuffisance rénale) et les nerfs, notamment au niveau des pieds. Selon l’OMS, le diabète a directement causé 1,6 million de décès dans le monde en 2021, dont près de la moitié (47 %) avant 70 ans. D’où l’importance d’un suivi médical régulier, même sans symptômes.

Idée reçue n° 5 : « Un diabétique doit suivre un régime spécial »

Faux. « Il n’est à ce jour plus question de régime pour diabétiques », indique l’Assurance maladie. Les conseils sont ceux d’une alimentation équilibrée, valables pour tous : des repas variés et réguliers, sans en sauter, moins de produits gras, sucrés et salés, et l’alcool à éviter. L’activité physique fait aussi partie du traitement : l’idéal est d’être actif tous les jours et de couper les longues périodes assises par quelques minutes de mouvement.

Dépister pour agir tôt

Parce que le diabète de type 2 peut rester longtemps silencieux, le dépistage est important chez les personnes à risque : plus de 45 ans, surpoids, sédentarité, parent proche diabétique… Une simple prise de sang à jeun permet de mesurer la glycémie : le diagnostic est posé à partir de 1,26 g/l, confirmé par un second contrôle. Entre 1,10 et 1,25 g/l, on parle de prédiabète : un signal d’alerte qui justifie un suivi. Si le profil de risque le justifie, ce dosage peut être prescrit par le médecin traitant.

Sources :

  • Fédération internationale du diabète, « IDF Diabetes Atlas, 11e édition », 7 avril 2025 
  • Santé publique France, « Diabète : données », mis à jour le 12 décembre 2025 
  • Organisation mondiale de la santé, « Diabète », aide-mémoire du 14 novembre 2024 
  • Assurance maladie, « Causes et facteurs favorisants du diabète », 24 septembre 2024 ; « Diabète et alimentation au quotidien : les fondamentaux », 21 novembre 2024 ; « Symptômes et diagnostic du diabète », 30 juillet 2025 ; « Complications du diabète : les fondamentaux », 10 juillet 2024 ; « Prise en charge non médicamenteuse du diabète de type 2 », 30 juillet 2025.