Quel dentifrice pour quel besoin ?
Le dentifrice est un véritable outil de prévention bucco-dentaire. Sa composition, ses actifs et son usage influencent directement la santé des dents et des gencives. Comprendre à quoi servent les différentes formules permet d’adopter un soin quotidien plus efficace et mieux ciblé.
Choisir son dentifrice ne relève pas du hasard ni d’une promesse marketing séduisante. L’essentiel est d’identifier sa problématique, d’adopter un produit adapté et de l’utiliser correctement.
*ppm : parties par million. Représente la quantité de fluor présente dans un dentifrice.
La carie, ennemi public numéro un
La carie reste la pathologie bucco-dentaire la plus répandue. En cause : les sucres, les bactéries… et un émail fragilisé. Pour prévenir la survenue des caries, le fluor demeure un allié incontournable. Présent dans la majorité des dentifrices « anti-caries », il renforce l’émail et favorise sa reminéralisation. À condition d’être présent en quantité suffisante. Le dosage doit toutefois être adapté à l’âge : chez l’adulte, un dentifrice contenant 1 450 ppm* de fluor constitue aujourd’hui la référence, tandis que chez l’enfant jusqu’à 6 ans, il ne doit pas dépasser 1 000 ppm*. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à en parler à votre dentiste, qui vous indiquera la concentration en fluor la plus adaptée à vos besoins et à votre situation personnelle.Quand les dents deviennent hypersensibles
Une gorgée d’eau froide, une cuillère de glace… et la douleur surgit. La sensibilité dentaire concerne près d’un adulte sur trois. Elle apparaît lorsque la dentine, située sous l’émail, se retrouve exposée. Les dentifrices dits « désensibilisants » agissent alors comme un bouclier : leurs actifs (nitrate de potassium, chlorure de strontium) bouchent progressivement les canaux responsables de la transmission de la douleur. L’effet n’est pas immédiat, mais s’installe avec une utilisation régulière.Gencives qui saignent : un signal d’alerte
Des gencives rouges, sensibles ou qui saignent au brossage ne doivent jamais être banalisées. Ces signes traduisent le plus souvent une inflammation, liée à l’accumulation de plaque dentaire au niveau du collet des dents. Sans prise en charge, cette irritation peut évoluer vers une gingivite, voire des atteintes plus profondes des tissus de soutien. Les dentifrices spécifiques « gencives » ciblent les bactéries responsables tout en respectant des tissus déjà fragilisés. Ils intègrent des actifs antibactériens comme le fluorure d’étain ou le chlorure de cétylpyridinium. Mais attention : aucune formule ne compensera un brossage trop énergique ou mal adapté. La douceur du geste, associée à une brosse souple, reste essentielle pour préserver la santé des gencives.Le tartre : quand la plaque se durcit
Le tartre est le résultat de la plaque dentaire qui se minéralise et se transforme en dépôts durs sur les dents. Au départ invisible, il peut s’installer progressivement, notamment sur les zones difficiles à atteindre avec la brosse. Une fois formé, il ne peut être retiré que par un détartrage réalisé par un professionnel. Les dentifrices « anti-tartre » jouent un rôle préventif : ils ralentissent la minéralisation de la plaque et limitent l’accumulation de ces dépôts. Ils contiennent des actifs comme les pyrophosphates, le zinc ou parfois le citrate de zinc. Utilisés régulièrement, ils aident à maintenir des dents plus propres et des gencives en meilleure santé, tout en complétant un brossage soigneux et l’usage de fil dentaire.Blancheur : l’esthétique avant tout
Café, thé, tabac… avec le temps, les dents se colorent. Les dentifrices blanchissants promettent un sourire plus lumineux, mais sans modifier la teinte naturelle des dents. Ils contiennent des agents abrasifs doux comme la silice hydratée ou le carbonate de calcium, qui polissent l’émail, ainsi que des actifs chimiques comme le peroxyde d’hydrogène ou le peroxyde de carbamide à faible concentration. Un usage modéré est recommandé : trop abrasifs, certains produits peuvent fragiliser l’émail ou irriter les gencives.Acidité et érosion : des dents sous pression
Sodas, jus de fruits, grignotage fréquent… L’érosion acide progresse silencieusement. Elle attaque l’émail, le rend plus fin, plus vulnérable. Certaines formules de dentifrice sont spécifiquement conçues pour protéger les dents exposées à ce risque, avec des agents reminéralisants et un pH adapté. Toutefois, il est important de se rappeler que l’un des meilleurs alliés de votre santé bucco-dentaire est une alimentation saine et équilibrée.Le bon dentifrice, mais pas seulement
Aussi ciblé soit-il, le dentifrice ne fait pas tout. Deux brossages par jour, pendant deux minutes, l’utilisation quotidienne de fil dentaire ou de brossettes interdentaires, et des visites régulières chez le dentiste restent indispensables. Le dentifrice est un outil. Le geste, lui, fait la différence.La composition, un critère à examiner de près
Lire l’étiquette d’un dentifrice n’est pas un réflexe inutile. Les agents moussants, comme le laurylsulfate de sodium, peuvent irriter les muqueuses, favoriser les aphtes et aggraver la sécheresse buccale. D’autres substances, comme le dioxyde de titane, utilisé pour blanchir le dentifrice, ou certains agents antibactériens, ont fait l’objet d’évaluations pour leurs effets possibles à long terme. Le dioxyde de titane a notamment été classé cancérogène. Les agents antibactériens, eux, sont surveillés pour leurs effets cumulés à long terme.Choisir son dentifrice ne relève pas du hasard ni d’une promesse marketing séduisante. L’essentiel est d’identifier sa problématique, d’adopter un produit adapté et de l’utiliser correctement.
*ppm : parties par million. Représente la quantité de fluor présente dans un dentifrice.